Réponse courte. En 2026, la loi marocaine sur la crypto reste restrictive : l'usage des monnaies virtuelles n'est pas autorisé au Maroc, et l'Office des Changes qualifie les transactions effectuées via les monnaies virtuelles d'infraction à la réglementation des changes, passible de sanctions et d'amendes. Aucune loi crypto dédiée n'est encore en vigueur : seul un avant-projet existe, le projet de loi 42-25 sur les crypto-actifs.
La loi crypto au Maroc en 2026 : un cadre restrictif, pas une loi dédiée
Beaucoup cherchent « crypto Maroc loi » en pensant trouver un texte unique qui autoriserait ou interdirait la crypto. Ce texte n'existe pas encore. À la date de mise à jour, le Maroc n'a pas de loi spécifique aux crypto-actifs en vigueur. Ce qui s'applique, c'est une superposition de textes existants — réglementation des changes, marché des capitaux, lutte contre le blanchiment — que les autorités appliquent aux monnaies virtuelles, complétée par des communiqués officiels répétés.
La ligne officielle est constante depuis 2017 et confirmée en 2026 : l'usage des monnaies virtuelles demeure non autorisé. Il ne s'agit donc pas d'un vide juridique, mais d'une position restrictive assumée par Bank Al-Maghrib, l'Office des Changes et l'AMMC, en attendant l'adoption du futur cadre. Pour un panorama plus large du sujet, voir notre page sur le statut légal de la crypto au Maroc.
Chronologie des communications officielles
Le tableau ci-dessous récapitule les principaux textes officiels qui définissent, à ce jour, la position des autorités marocaines sur les monnaies virtuelles.
| Date | Autorité | Teneur |
|---|---|---|
| 21 nov. 2017 | MEF, Bank Al-Maghrib, AMMC | Communiqué conjoint de mise en garde : absence de protection, volatilité, risques de blanchiment, non-respect des réglementations en vigueur. |
| 5 août 2025 | Secrétariat Général du Gouvernement | Note de présentation du projet de loi 42-25 sur les crypto-actifs (avant-projet, non en vigueur). |
| 22 déc. 2025 | AMMC | Mise en garde contre le conseil en investissement non autorisé et les plateformes de trading frauduleuses. |
| Janv. 2026 | AMMC | « Priorités d'actions 2026 » : les travaux de finalisation du cadre réglementaire crypto se poursuivront. |
| 11 mars 2026 | Office des Changes | Mise au point : transactions via monnaies virtuelles = infraction à la réglementation des changes, passible de sanctions et amendes. |
| 15 avr. 2026 | Office des Changes, BAM, AMMC | Nouvelle mise en garde commune : usage des monnaies virtuelles non autorisé, évocation d'une interdiction motivée par la protection du public. |
Ce que disent Bank Al-Maghrib, l'Office des Changes et l'AMMC
Le communiqué conjoint de 2017
Le texte fondateur est le communiqué conjoint du Ministère de l'Économie et des Finances, de Bank Al-Maghrib et de l'AMMC, publié le 21 novembre 2017. Il met en garde contre l'usage des monnaies virtuelles comme moyen de paiement et insiste sur quatre points : l'absence de protection du consommateur, la forte volatilité, les risques de blanchiment et de financement illicite, et le non-respect des réglementations en vigueur, notamment en matière de marché des capitaux et de change.
La position de Bank Al-Maghrib
La page officielle « Monnaie virtuelle » de Bank Al-Maghrib présente les crypto-monnaies comme une activité non régulée et rappelle expressément le risque de non-conformité avec la réglementation des changes et celle du marché des capitaux. La banque centrale ne reconnaît pas aux monnaies virtuelles le statut de monnaie ayant cours légal.
L'Office des Changes : la formulation la plus ferme
C'est l'Office des Changes qui tient le langage le plus clair. Sa mise au point du 11 mars 2026 indique que les transactions effectuées via les monnaies virtuelles constituent une infraction à la réglementation des changes, qu'elles sont passibles de sanctions et d'amendes, et que les transactions financières avec l'étranger doivent passer par des intermédiaires agréés en utilisant des devises cotées par Bank Al-Maghrib. Le 15 avril 2026, l'Office des Changes, Bank Al-Maghrib et l'AMMC ont publié une nouvelle mise en garde commune rappelant que l'usage des monnaies virtuelles demeure non autorisé au Maroc, en évoquant même une interdiction motivée par la protection du public.
L'AMMC et le conseil en investissement
Le 22 décembre 2025, l'AMMC a publié une mise en garde contre le conseil en investissement non autorisé et les plateformes de trading frauduleuses. Cette communication rappelle qu'une recommandation d'investissement personnalisée relève d'un cadre régulé — un repère utile pour comprendre où se situe la frontière entre information générale et service réglementé.
La future loi : l'avant-projet 42-25 sur les crypto-actifs
Le Secrétariat Général du Gouvernement publie, dans la rubrique des avant-projets, un texte sur les crypto-actifs accompagné d'une note de présentation datée du 5 août 2025. Ce texte porte le numéro 42-25. Il qualifierait les crypto-actifs d'actifs numériques, et non de monnaie légale, et prévoirait un régime pour les établissements prestataires de services sur crypto-actifs (plateformes de négociation, achat/vente contre monnaie ayant cours légal, réception/transmission d'ordres, conseil, gestion de portefeuille, communications commerciales).
Deux sources officielles confirment qu'il n'est pas encore effectif : le Rapport sur la stabilité financière 2024, publié le 4 août 2025, indique que le projet a été finalisé puis transmis au ministère pour introduction dans le circuit législatif, avec des textes d'application encore en cours d'élaboration ; et le document « Priorités d'actions 2026 » de l'AMMC, publié en janvier 2026, précise que les travaux de finalisation se poursuivront. Pour le détail de ce texte, voir notre page dédiée au projet de loi 42-25 sur les crypto-actifs.
Ce qui est clair, ce qui reste flou
Ce qui est clair
- Les monnaies virtuelles n'ont pas cours légal et leur usage n'est pas autorisé au Maroc.
- L'Office des Changes qualifie les transactions en monnaies virtuelles d'infraction à la réglementation des changes.
- Aucune plateforme d'échange crypto n'est agréée au Maroc à ce jour.
- Le futur cadre n'est qu'un avant-projet : il n'est pas encore en vigueur.
Ce qui reste flou
- Le traitement exact de la simple détention sur un wallet personnel, qui n'est pas explicitement encadrée par les textes officiels consultés.
- Le périmètre concret des sanctions en pratique, qui dépendra de l'interprétation des textes de change.
- Le calendrier d'adoption de la future loi et le contenu définitif de ses textes d'application.
Pourquoi la réglementation des changes est au cœur du sujet
Si l'Office des Changes est l'autorité la plus ferme, ce n'est pas un hasard. Le Maroc encadre strictement les mouvements de devises entre le pays et l'étranger : les transactions financières avec l'extérieur doivent en principe passer par des intermédiaires agréés et utiliser des devises cotées par Bank Al-Maghrib. Acheter de la crypto auprès d'une plateforme étrangère, puis la revendre contre des dirhams ou des devises, revient souvent à organiser un flux transfrontalier en dehors de ces canaux agréés. C'est précisément ce point que l'Office des Changes vise lorsqu'il parle d'infraction à la réglementation des changes.
Les risques pratiques à connaître
Au-delà du texte, voici les risques concrets que tout résident marocain devrait avoir en tête.
- Risque de change. Tout flux crypto/fiat avec l'étranger peut être analysé au regard de la réglementation des changes — le point que l'Office des Changes met le plus en avant.
- Absence de protection. Aucune garantie de dépôt ni recours de type consommateur n'est prévu ; en cas de litige avec une plateforme étrangère, il n'existe pas de filet marocain.
- Fraude et arnaques. L'AMMC a explicitement mis en garde contre les plateformes de trading frauduleuses et le conseil en investissement non autorisé.
- Volatilité. La valeur des crypto-actifs peut chuter fortement et rapidement, un risque financier indépendant du risque juridique.
Pour comprendre l'écosystème sans s'exposer inutilement, l'angle le plus défendable reste la compréhension et la sécurité : différence entre conservation par un tiers et conservation personnelle (voir notre hub wallets), et bonnes pratiques de protection des clés expliquées dans notre guide comment sécuriser ses crypto-actifs.
Sources officielles
- Office des Changes — « Nouvelle mise en garde des Autorités financières contre l'utilisation des monnaies virtuelles », 15 avril 2026
- Office des Changes — « Communiqué : mise au point au sujet de l'utilisation des monnaies virtuelles », 11 mars 2026
- Bank Al-Maghrib — page « Monnaie virtuelle »
- Communiqué conjoint MEF / BAM / AMMC sur l'usage des monnaies virtuelles, 21 novembre 2017
- Secrétariat Général du Gouvernement — Liste des avant-projets
- Secrétariat Général du Gouvernement — Avant-projet de loi 42-25 sur les crypto-actifs (note du 5 août 2025)
- Rapport sur la stabilité financière 2024, publié le 4 août 2025
- AMMC — « Priorités d'actions 2026 »
- AMMC — « Conseil en investissement non autorisé, plateformes de trading frauduleuses : l'AMMC appelle à la vigilance du public », 22 décembre 2025
Questions fréquentes
Quel est le statut légal de la crypto au Maroc en 2026 ?
À la date de mise à jour, la position officielle marocaine reste restrictive : l'usage des monnaies virtuelles n'est pas autorisé. L'Office des Changes considère les transactions effectuées via les monnaies virtuelles comme une infraction à la réglementation des changes, passible de sanctions et d'amendes.
Existe-t-il une loi crypto en vigueur au Maroc ?
Non, pas encore. Il existe un avant-projet, le projet de loi 42-25 sur les crypto-actifs, dont la note de présentation est datée du 5 août 2025. Tant qu'il n'est pas adopté et que ses textes d'application ne sont pas publiés, la position restrictive issue du communiqué de 2017 et des mises en garde de 2025-2026 continue de s'appliquer.
Que dit l'Office des Changes sur les monnaies virtuelles ?
Dans sa mise au point du 11 mars 2026, l'Office des Changes indique que les transactions effectuées via les monnaies virtuelles constituent une infraction à la réglementation des changes, passible de sanctions et d'amendes, et que les transactions avec l'étranger doivent passer par des intermédiaires agréés. Le 15 avril 2026, l'Office des Changes, Bank Al-Maghrib et l'AMMC ont publié une nouvelle mise en garde rappelant que cet usage demeure non autorisé.
Quelle est la position de Bank Al-Maghrib ?
La page officielle « Monnaie virtuelle » de Bank Al-Maghrib présente les crypto-monnaies comme une activité non régulée et rappelle le risque de non-conformité avec la réglementation des changes et celle du marché des capitaux. La banque centrale ne reconnaît pas aux monnaies virtuelles le statut de monnaie ayant cours légal.
L'AMMC a-t-elle averti le public récemment ?
Oui. Le 22 décembre 2025, l'AMMC a publié une mise en garde contre le conseil en investissement non autorisé et les plateformes de trading frauduleuses. Le document « Priorités d'actions 2026 » de l'AMMC, publié en janvier 2026, indique par ailleurs que les travaux de finalisation du cadre réglementaire relatif aux crypto-actifs se poursuivront.
Cet article est-il un conseil juridique ?
Non. Il s'agit d'une information générale à visée pédagogique, fondée sur des sources officielles publiques. Pour tout cas concret, consultez un avocat spécialisé en droit financier marocain.
Cet article est une information générale à visée pédagogique. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni une recommandation d'investissement. Pour tout cas concret, consultez un avocat spécialisé en droit financier marocain.