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DOC.ID LEGAL-MA-004
RÉVISION r1.0 · 2026-06-01
CLASSIFICATION PUBLIC
MÀJ 2026-06-01

Office des Changes et crypto au Maroc : la réglementation des changes en 2026

Office des changes crypto : pourquoi la réglementation des changes est le pivot légal au Maroc, communiqués du 11 mars et 15 avril 2026, sanctions et amendes.

MÀJ · 2026-06-01 Lecture · 9 min
Auteur · Rédaction bitcoin.co.ma Relu par · Comité éditorial MÀJ · 2026-06-01 Lecture · 9 min Niveau · intermédiaire

Réponse courte. Au Maroc, le pivot légal du dossier crypto n'est pas une loi dédiée, mais la réglementation des changes. L'Office des Changes considère, depuis son communiqué du 11 mars 2026, que les transactions effectuées via les monnaies virtuelles constituent une infraction à la réglementation des changes, passible de sanctions et d'amendes. La raison tient à un principe simple : les flux financiers avec l'étranger doivent passer par des intermédiaires agréés et porter sur des devises cotées par Bank Al-Maghrib — un cadre dans lequel les monnaies virtuelles n'entrent pas.

Pourquoi l'Office des Changes est l'autorité centrale du dossier

Beaucoup cherchent « office des changes crypto » en pensant que l'autorité aurait publié une interdiction technologique de Bitcoin. Ce n'est pas l'angle. L'Office des Changes ne se prononce pas sur la technologie blockchain : il applique la réglementation des changes, c'est-à-dire les règles qui encadrent les mouvements de devises entre le Maroc et l'étranger. Or l'achat, la vente ou le transfert de monnaies virtuelles auprès de plateformes étrangères met en jeu, presque toujours, un flux financier transfrontalier. C'est par ce biais que la réglementation des changes devient le pivot juridique du sujet.

Autrement dit, l'erreur fréquente consiste à croire que « tant que je ne paie rien en crypto au Maroc, je suis tranquille ». Le point de droit ne porte pas seulement sur le paiement intérieur, mais sur le mouvement de capitaux lui-même. Pour replacer cet angle dans le panorama complet, voir notre page sur le statut légal de la crypto au Maroc.

Ce que dit la réglementation des changes

Le tableau ci-dessous résume les principes de change que l'Office des Changes oppose aux transactions en monnaies virtuelles.

Principe de change Application aux monnaies virtuelles
Les flux financiers avec l'étranger passent par des intermédiaires agréés. Les transferts liés aux plateformes crypto étrangères se font hors de ces canaux agréés.
Les opérations portent sur des devises cotées par Bank Al-Maghrib. Les monnaies virtuelles ne figurent pas parmi les devises cotées par BAM.
Les transactions de change non conformes exposent à des sanctions. Les transactions via monnaies virtuelles sont qualifiées d'infraction passible de sanctions et amendes.
L'usage des moyens de paiement avec l'étranger est encadré. L'usage des monnaies virtuelles est présenté comme non autorisé au Maroc.

Ces principes ne sont pas propres à la crypto : ils structurent l'ensemble du régime de change marocain. Ce que l'Office des Changes a fait en 2026, c'est expliciter leur application aux monnaies virtuelles.

Le communiqué du 11 mars 2026 : la formulation la plus ferme

La mise au point de l'Office des Changes du 11 mars 2026 est le texte le plus clair à ce jour sur le terrain du change. Elle énonce trois points :

C'est cette articulation — flux transfrontalier hors canaux agréés, devises non cotées, donc infraction — qui fait de la réglementation des changes le pivot du raisonnement officiel. Pour le cadre juridique d'ensemble et la chronologie complète des communications, voir notre page crypto au Maroc : la loi en 2026.

Sanctions et amendes : ce qui est dit, ce qui ne l'est pas

Le communiqué renvoie aux sanctions et amendes prévues par les textes régissant la réglementation des changes, sans publier de barème chiffré spécifique aux monnaies virtuelles. Le périmètre concret des sanctions en pratique dépendra donc de l'interprétation des textes de change et des situations individuelles. Sur le plan descriptif, le message officiel est qu'une transaction via monnaie virtuelle peut être traitée comme une infraction de change, et non comme une opération neutre.

Le communiqué conjoint du 15 avril 2026

Le 15 avril 2026, l'Office des Changes, Bank Al-Maghrib et l'AMMC ont publié une nouvelle mise en garde commune. Cette communication rappelle que l'usage des monnaies virtuelles demeure non autorisé au Maroc et évoque une interdiction motivée par la protection du public. Elle prolonge la ligne du 11 mars en y associant la banque centrale et le régulateur du marché des capitaux, ce qui en fait une position interinstitutionnelle plutôt qu'un avis isolé de l'Office des Changes.

Chronologie des communiqués de l'Office des Changes

Le tableau récapitule les textes officiels qui définissent l'angle « change » du dossier.

Date Autorité Teneur
21 nov. 2017 MEF, Bank Al-Maghrib, AMMC Communiqué conjoint de mise en garde, rappelant le non-respect des réglementations en vigueur, notamment en matière de change.
11 mars 2026 Office des Changes Mise au point : transactions via monnaies virtuelles = infraction à la réglementation des changes, passible de sanctions et amendes ; flux avec l'étranger via intermédiaires agréés et devises cotées par BAM.
15 avr. 2026 Office des Changes, BAM, AMMC Nouvelle mise en garde commune : usage des monnaies virtuelles non autorisé, évocation d'une interdiction motivée par la protection du public.

Comment ce cadre s'articule avec Bank Al-Maghrib et la future loi

L'angle change ne vit pas isolément. La page officielle « Monnaie virtuelle » de Bank Al-Maghrib présente les crypto-monnaies comme une activité non régulée et rappelle expressément le risque de non-conformité avec la réglementation des changes et celle du marché des capitaux. La banque centrale ne reconnaît pas aux monnaies virtuelles le statut de monnaie ayant cours légal, ce qui explique mécaniquement pourquoi elles ne sont pas des devises cotées et pourquoi leurs flux ne s'inscrivent pas dans le dispositif des intermédiaires agréés.

Cette articulation est constante depuis le communiqué conjoint du 21 novembre 2017, qui visait déjà le non-respect des réglementations en vigueur en matière de marché des capitaux et de change. L'avant-projet de loi sur les crypto-actifs ne change rien à ce constat tant qu'il n'est pas en vigueur : il prévoit d'ailleurs que les opérations couvertes resteraient soumises à la réglementation des changes. Pour le détail de ce texte, voir notre page sur le projet de loi 42-25 sur les crypto-actifs. Et pour la question « interdit ou non », voir notre page dédiée à Bitcoin au Maroc : interdit ou non.

Ce qui est clair, ce qui reste flou

Ce qui est clair

Ce qui reste flou

Sources officielles

Questions fréquentes

Que dit l'Office des Changes sur les transactions en crypto ?

Dans sa mise au point du 11 mars 2026, l'Office des Changes indique que les transactions effectuées via les monnaies virtuelles constituent une infraction à la réglementation des changes, passible des sanctions et amendes prévues par les textes en vigueur. Il rappelle que les transactions financières avec l'étranger doivent passer par des intermédiaires agréés et utiliser des devises cotées par Bank Al-Maghrib.

Pourquoi la réglementation des changes s'applique-t-elle à la crypto ?

Parce que le Maroc encadre strictement les mouvements de devises entre le pays et l'étranger. Tout flux financier transfrontalier doit en principe transiter par des intermédiaires agréés et porter sur des devises cotées par Bank Al-Maghrib. Acheter ou revendre des crypto-actifs auprès d'une plateforme étrangère revient souvent à organiser un flux en dehors de ces canaux, ce que l'Office des Changes qualifie d'infraction à la réglementation des changes.

Quelles sanctions sont évoquées par l'Office des Changes ?

Le communiqué du 11 mars 2026 indique que les transactions via monnaies virtuelles sont passibles des sanctions et amendes prévues par les textes régissant la réglementation des changes. L'Office ne détaille pas de barème chiffré dans ce communiqué ; il renvoie aux sanctions et amendes prévues par les textes en vigueur.

Qu'a publié l'Office des Changes le 15 avril 2026 ?

Le 15 avril 2026, l'Office des Changes, Bank Al-Maghrib et l'AMMC ont publié une nouvelle mise en garde commune. Cette communication rappelle que l'usage des monnaies virtuelles demeure non autorisé au Maroc et évoque une interdiction motivée par la protection du public.

Que sont les intermédiaires agréés et les devises cotées par BAM ?

Les intermédiaires agréés sont les établissements (essentiellement les banques) habilités à exécuter les opérations de change et les règlements avec l'étranger dans le cadre de la réglementation des changes. Les devises cotées par Bank Al-Maghrib sont les monnaies pour lesquelles la banque centrale publie un cours de référence. Les monnaies virtuelles ne figurent pas dans ce dispositif.

Cet article est-il un conseil juridique ?

Non. Il s'agit d'une information générale à visée pédagogique, fondée sur des sources officielles publiques. Pour tout cas concret, consultez un avocat spécialisé en droit financier marocain.

Cet article est une information générale à visée pédagogique. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni une recommandation d'investissement. Pour tout cas concret, consultez un avocat spécialisé en droit financier marocain.